Demander et supposer : accepter « non », tout simplement

Attention : ce texte est binaire et généralise grossièrement.

Dans un fil de commentaires sur FB, j’ai lu à propos d’un concept intéressant : Ask Culture et Guess Culture.

Le tout commençait par une mise en situation : une femme demande à un ami d’emménager avec lui. L’homme ne veut pas, alors il cherche toutes les façons possibles de refuser, sans lui dire directement « non ». Lire la suite

Demander et supposer : accepter « non », tout simplement

Attention : ce texte est binaire et généralise grossièrement.

Dans un fil de commentaires sur FB, j’ai lu à propos d’un concept intéressant : Ask Culture et Guess Culture.

Le tout commençait par une mise en situation : une femme demande à un ami d’emménager avec lui. L’homme ne veut pas, alors il cherche toutes les façons possibles de refuser, sans lui dire directement « non ».

Dans les commentaires, certains proposaient d’être direct, suggéraient que la femme ne pose pas de question supplémentaire et accepte la réponse, ou soutenaient même que cette femme était ingrate de mettre un homme dans une situation où il devait répondre « non ». D’autres donnaient plus d’idées pour dire « non » sans dire « non », par exemple qu’il quitte la région pour le travail, qu’il a de la visite, qu’il n’a pas un appartement assez grand.

Puis, un utilisateur, appelé Tangerine, explique son point de vue. Il existe deux types de personnes : ceux qui demandent franchement les choses et qui savent que la réponse peut être positive ou négative, et ceux qui ne demandent rien avant de savoir que la réponse sera assurément positive.

Par exemple, les demandeurs pourraient demander : « Peux-tu me faire un lift ce vendredi? », tandis que les supposeurs vont annoncer : « J’ai un cours vendredi », et espérer que la personne saura lire entre les lignes.

Les supposeurs n’aiment pas dire non. Demander à un supposeur affamé si on peut prendre son biscuit, c’est le mettre dans une situation malaisante. Il ne veut pas dire non, mais il doit le faire. Alors, il cherche une autre façon de le dire – « J’ai vraiment faim », par exemple. Mais un demandeur pourrait ajouter « Moi aussi », ce qui mettrait le supposeur encore plus mal à l’aise. De plus, les supposeurs ont une terrible peur de la question « Pourquoi? », et fournissent donc une explication au lieu de donner une réponse.

À l’opposé, on croit que les demandeurs ont une grande confiance en eux, qu’ils demandent parce qu’ils savent qu’ils vont obtenir ce qu’ils demandent. C’est pourtant faux : s’ils demandent, c’est qu’ils veulent une réponse, positive ou négative, mais au moins une réponse.

Déjà, vous pouvez savoir si vous êtes un supposeur ou un demandeur. Avez-vous déjà demandé une augmentation de salaire? Avez-vous l’impression que vous devez inventer des excuses pour ne pas blesser les autres avec vos réponses négatives?

Très peu de gens sont tout un ou tout l’autre. Moi-même, je suis supposeure au travail, demandeure à la maison.

Peu importe si vous êtes l’un ou l’autre, il est important d’éviter de demander « pourquoi ». Une personne qui donne une réponse claire ou non n’a pas à se justifier, surtout s’il s’agit d’un sujet délicat. « Tu veux me parler de ta date d’hier? » « Non. » N’allez pas demander pourquoi (sauf si c’est un ami ou une amie proche avec qui vous avez un lien intime particulier). Si cette personne ne veut pas répondre, lui demander de s’expliquer, c’est la forcer à répondre. 

C’est pourtant un comportement que je vois souvent chez les hommes cisgenres. Et c’est ancré dans un autre comportement qu’ils ont en quasi-totalité : l’incapacité à penser aux conséquences.

Cette incapacité rend les hommes cisgenres désinvoltes, impulsifs, drôles parfois. Mais c’est aussi ce qui rend une troisième vague de dénonciations possible. Parce qu’une majorité de leurs actions blessantes pourraient être évitées s’ils pensaient aux conséquences. Ou si les moins sûrs d’eux d’entre eux pouvaient accepter « non » comme réponse. Ou s’ils arrêtaient les blagues et les commentaires à caractère Schrödinger (c’est soit drôle, soit de l’ironie, selon la réaction des gens).

Les hommes sont éduqués à voir loin sans se soucier des obstacles et à demander ce qu’ils veulent. Parfois, comme dirait Captain America, ils agissent même avant de demander.

Cependant, une forte majorité des femmes sont des supposeures. Nous avons été éduquées à ne pas froisser les gens, à être douce et agréable, à faire des choses qui ne nous tentent pas « parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse ».

C’est donc normal qu’au lieu de demander clairement ou de refuser clairement, nous essayions de supposer la question ou la négation.

Cela signifie aussi qu’une réponse positive sera clairement positive. « Est-ce que je peux prendre ton biscuit? » obtiendra un « oui » très clair comme réponse. Si la réponse est évasive, comme « si tu y tiens », ça veut dire non.

La solution universelle serait que les demandeurs soient un peu plus supposeurs, et que les supposeurs soient un peu plus demandeurs. Mais on pourrait aussi démanteler le patriarcat, ça réglerait le problème plus large, à plus long terme. Choisissez la solution qui est la plus facile pour vous.

To Hell with Her – 11/11 – Testimony

He was working eight through five on week days. It was well paid, white collar kind of stuff. And I guess he was fed up by us. We had been married for, what, seven years by then. I was knocked up at my wedding, got my first daughter I was nineteen, second at twenty-two, and our little boy, I was twenty-five I think. It was the summer, when the sun still hangs after dinner time. I liked to jog for fun, back then. I had so little spare time with baby Derek, and Stacy was not old enough for school yet. Vincent was home for the dinner every day and I would go out after that for a little me-time with my snickers and the trail in the forest behind the house. I liked it there: the birds, the squirrels, the smell of greens… Sometimes, I took Stacy and Derek in his stroller for a walk there. Their faces used to beam with joy every time. They would ask for it about every other day. Lire la suite